Mon parcours d’entrepreneure du changement – Les 6 étapes déterminantes 2/2

 dans S'accompagner soi-même

Suite de l’article de la semaine dernière, dans lequel je te partage les étapes qui ont été importantes dans mon parcours d’actrice de la transition. (bon, évidemment, ce n’est pas fini ! ^^).

Dans cet article, je vais te parler de :

  • mes formations
  • de mes espaces d’expérimentation, avant de me lancer professionnellement
  • de réseaux de soutien
  • de statut et de revenus au lancement
  • de colère
  • d’évolution
  • et de relation à l’argent

Prêt.e ?

4ème étape – explorations… et expérimentations

FORMATIONS

Nouvelle scène. Charlie à 3 mois. Ces derniers mois j’ai touché les limites de ma pratique de la gestion de projets.

Le passage d’une structure pyramidale à un modèle plus horizontal me pose souci. Je ne veux pas être directive, mais je veux aussi que je projet fonctionne. Je n’arrive pas à faire en sorte que chacun participe.

Et j’ai très envie de découvrir d’autres manières de faire, à la fois plus respectueuses des membres du projet et plus efficaces. A ce moment je sens aussi que je ne vais pas pouvoir tenir mon rôle longtemps comme ça, c’est trop lourd pour moi.

Comme j’allaitais encore Charlie et que je voulais profiter pleinement de ce stage, j’ai proposé à Seb de le faire avec moi. Une magnifique expérience ! Ainsi, je découvre l’Université du Nous. Une révélation !

Dès le stage terminé, je commence à utiliser les nouvelles manières de faire au sein du groupement d’achat,de projets de Bordeaux en transition et d’associations et coopératives bordelaises. Je facilite des réunions, anime des ateliers d’intelligence collective et petit à petit, j’affine ma posture de facilitatrice et d’animatrice.

Je reste en lien avec l’Université du Nous (UdN) et je suis cooptée pour participer au parcours Leader souteneur coopératif, qui m’apprend énormément, en terme d’outils mais aussi et surtout sur ma posture. Il me permet également de confirmer que j’ai très envie d’orienter mon activité vers les dynamiques coopératives. Depuis, je me forme plusieurs fois par an auprès des formateurs et organismes qui excellent dans leur domaine pour continuer à améliorer ma pratique.

5ème étape – les bons réseaux pour devenir pro

Janvier 2016. C’est décidé, je crée La petite fourmilière. Officiellement !

STATUT

Le statut d’auto-entrepreneur ne m’intéresse pas du tout, je choisis de rejoindre Oxalis, une coopérative d’entrepreneurs (CAE) pour me lancer.
C’est important pour moi, à ce moment :

  • de rejoindre un réseau d’entrepreneurs
  • d’être conseillée par des personnes qui savent de quoi elles parlent
  • de mutualiser certaines choses (la compta, les démarches pour être organisme de formation…).

En fait, c’est bien plus que ça, mais à ce moment là, je ne le savais pas.;)

Je choisis Oxalis pour 2 raisons :

  • je sens un vrai partage de valeurs, notamment avec Grégoire, qui allait être mon référent (avant de devenir un partenaire ^^), et ça, c’est très important pour moi
  • parce qu’ Oxalis est une coopérative nationale et que j’avais déjà envie d’avoir un réseau à cette échelle

REVENUS

Parlons argent. Avec un mari entrepreneur lui-même en lancement, 2 enfants et 0€ de côté, j’avais vraiment besoin de me sentir en sécurité. Voilà ce que je me suis dit :

« J’ai des droits au chômage et grâce au contrat CAPE, je sais que je peux toucher ces droits chaque mois ET facturer mes clients. »

J’avais prévu d’utiliser l’argent gagné pour financer mes prochaines formations (le rêve de me former à ce que je veux, quand je veux !).

Bref, mais au moment de me lancer, je n’ai pas encore de clients. Là aussi, je sens que je vais avoir besoin de soutien.

COWORKING

Je décide (je me rappelle très bien du moment !), de rejoindre la communauté de La Ruche, un espace de coworking dédié aux acteurs du changement.

Je n’avais même pas eu mon premier client, c’était inconfortable au possible : comment je me présente, comment j’assume que je ne me présente pas toujours de la même manière et puis si je n’ai pas encore eu de clients, est-ce que je suis vraiment une pro., sans compter que j’avais avancé de l’argent perso pour ma boîte sans savoir si j’allais pouvoir payer la suite !

Aujourd’hui je sais que ça a été l’une de mes meilleures décisions. Tout comme le fait d’avoir rejoint Oxalis, j’ai été en contact avec d’autres entrepreneurs (c’est un état d’esprit, pas du tout évident pour moi qui ne l’avais jamais été).
L’occasion donc :

  • D’affiner la présentation de mon activité : merci les questions et les retours.:)
  • De vraiment devenir pro Et d’apprendre qu’être entrepreneur c’est jouer avec plein de casquettes, pas juste mon cœur de métier, que la liberté totale ça s’apprivoise
  • Et de décrocher mon premier contrat au bout de 2 semaines (et la confiance qui allait avec) ! L’animation d’un séminaire pro, pour une belle association bordelaise, en binôme avec Lise, l’une des coworkeuses.
  • D‘avoir des espaces d’expérimentation auprès de personnes bienveillantes (merci à celles qui ont testé mes premiers ateliers de jeu du Tao)

6ème étape – vers plus d’alignement

LA COLERE

A peu près au moment où je lançais La petite fourmilière, j’ai été élue, avec un petit groupe de personnes, pour contribuer à l’ouverture de l’UdN à sa communauté. 9 mois riches, denses, une expérience de la gouvernance partagée qui m’a énormément enrichie. Et qui m’a aussi ouvert les yeux sur ce qui était important pour moi.
Cette nouvelle période de suractivité m’a ouvert les yeux.(ce projet + le lancement de LPF + la vie familiale = boom ! )

C’est grâce à elle que j’ai réalisé que je suivais un rythme extérieur à moi, sans prendre le mien en considération. J’étais vraiment très dure avec moi, je me jugeais sans cesse, de ne pas en faire assez, de ne pas être assez rapide, de faire des erreurs.

Et puis j’ai vu ces projets autour de moi qui s’écroulaient faute de moyens, ces porteurs de projets qui s’effondraient car ils n’avaient plus d’énergie et plus d’argent. Et ça m’a mise en colère. Vraiment. J’étais en colère contre nous, transitionneurs qui voulions sauver le monde mais qui n’étions même pas capables de prendre soin de nous.

En colère contre le concept de participation consciente, en colère contre le bénévolat généralisé, en colère que les regards se tournent toujours vers les mêmes pour faire sauver une situation.

Aujourd’hui, je vois les choses autrement. Mais à cette période, cette colère était très présente, et heureusement !

L’INSPIRATION

Cette colère, je la remercie vraiment, car elle m’a permis de voir ce qui était vraiment important pour moi : que nos actions soient DURABLES.

J’ai aussi compris que je n’étais pas toute seule. Et qu’au même titre que j’avais voulu explorer de nouvelles manières de faire ensemble pour les diffuser auprès de beaux projets, j’avais vraiment envie d’explorer notre rapport au temps, à l’énergie, à l’argent, à nos besoins tout court,. Pour moi, pour que mon projet continue, mais aussi pour l’apporter à d’autres et qu’ensemble on essaime nos actions de manière durable.

RETOUR AU VERT ET CHANGEMENTS DE FORMATS

C’est à ce moment là que nous avons décidé de déménager, de partir du centre ville de Bordeaux pour rejoindre la frontière des Landes, à une bonne heure de route.

L’objectif : vivre à un rythme plus doux en ayant une logistique plus légère retourner au vert, davantage en contact avec la nature rejoindre l’école de la transition La Chrysalide pour nos enfants (et pour nous, grâce à cette magnifique communauté!).

Nous avons troqué notre biporteur contre 2 voitures en attendant de rendre notre petite ville adaptée aux trajets en vélo. ^^

J’ai rapidement réalisé que je n’avais pas envie de faire les trajets vers Bordeaux chaque jour. Ca n’avait aucun sens pour moi de refaire ce mouvement de pendule si polluant, chronophage et énergivore !

J’y ai vu une invitation à revoir ma manière de travailler.

La RELATION A L’ARGENT

C’est aussi à ce moment là que j’ai vécu une phase d’angoisse qui a été décisive pour moi. Lorsque je regardais autour de moi, tous mes amis entrepreneurs du changement, entrepreneurs de la transition écologique et sociale entraient dans l’une de ces 2 catégories :

  • je gagne correctement ma vie, MAIS je travaille comme un dingue
  • j’ai un rythme tranquille, du temps pour ma famille, pour me former, pour créer, MAIS je suis stressé côté argent.

J’étais persuadée, au fond de moi que je pouvais :

  • avoir un impact positif
  • faire quelque chose qui me passionne et m’épanouit profondément
  • respecter mon propre rythme
  • me sentir en sécurité financièrement.

Mais je ne savais pas du tout comment faire. Je n’avais aucun modèle pour m’inspirer et m’apporter la confiance que c’était possible !

C’est à ce moment là que j’ai décidé de me faire accompagner pour trouver mon modèle économique durable. (Nouveau coup de poker car c’était un sacré investissement en argent, mais aussi en temps et qui demandait de faire des changements profonds dans ma vie). Une étape qui a été décisive pour moi.

Ça m’a permis de me rapprocher de cet idéal que je vise, cette manière d’entreprendre sainement. Et aussi de transmettre cette expérience pour permettre à d’autres porteurs de projet d’avancer durablement sur leur chemin.

Dis moi, qu’est-ce que mon partage d’expérience t’inspire ?
Et toi, quelles sont les grandes étapes décisives de ta vie ?

 

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