Mon parcours d’entrepreneure du changement – Les 6 étapes déterminantes 1/2

 dans S'accompagner soi-même

Je reçois très régulièrement des demandes de (futurs) accompagnateurs ou formateurs à propos de mon parcours. Comment j’ai fait pour créer La petite fourmilière, pour me former aux processus d’intelligence collective, pour gagner de quoi vivre, pour commencer à accompagner « sans faire d’erreur » … En leur répondant, j’ai pris de la hauteur et j’ai clarifié les étapes qui ont vraiment été décisives pour moi. C’est très personnel, et évidemment d’autres te partageront un parcours différent. Je te les partage sans tabou car j’aurais aimé pouvoir lire ce genre de témoignage pour m’inspirer au moment de me lancer et surtout dans les “coups de mou et les coups durs.

J’ai décidé de prendre le temps de détailler ces différentes étapes (tant qu’à faire !), et d’en faire 2 articles pour que ce soit plus léger. ^^

1ère étape : droit dans le mur, le sursaut de vie

LE PREMIER DECLIC

Je te peins la scène : soirée du réveillon, mes amis sont à la maison et moi, je suis aux urgences. Je suis enceinte de 5 mois, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive, je viens de perdre beaucoup de sang et le médecin m’annonce qu’il veut m’arrêter jusqu’à la fin de ma grossesse. Le choc pour moi ! J’étais alors responsable de la communication dans un Syndicat de collecte des ordures ménagère.

Mon job ? Repenser et lancer la nouvelle stratégie de comm pour sensibiliser à la réduction des déchets. Je pilote notamment un projet expérimental de compostage collectif et j’encadre des ambassadrices du tri dans leurs interventions scolaires.

Je suis très engagée, JE NE PEUX PAS M’ARRETER !

D’ailleurs depuis un an que je fais ce travail, je me donne à fond, c’est à peine si je prends une pause à midi. Et depuis la grossesse, malgré les trajets quotidiens, les contractions, la fatigue… pas de changement.

Je refuse, impossible pour moi de me faire arrêter. Réponse du médecin « OK, si vous voulez perdre votre bébé… »

Voilà, c’est dit. J’ai accepté de m’arrêter. J’ai passé le relais. Pas dans les meilleures conditions bien sûr, dans l’urgence. Mais une fois que c’était fait, j’ai complètement lâché le boulot pour me concentrer sur ma grossesse.

LA RECONNEXION A MON CORPS

Oui, j’ai pris 18 kg pour ma première grossesse… et encore plus pour la seconde ! 😉

Les 4 mois suivants m’ont permis d’approfondir mon projet d’accoucher de manière physiologique, mais aussi de me reconnecter avec mon corps, de commencer à apprendre à l’aimer, à en prendre soin, à le respecter, notamment dans son rythme.

Je me suis préparée pour un passage initiatique. Et ça a été le cas, sans aucun doute. J’ai été époustouflée de voir ce qu’il était capable de faire pour donner la vie et comment moi, je pouvais lui faire confiance et m’accompagner moi-même dans cette étape.

2ème étape : rencontre avec ma communauté de cœur

LE « HASARD »

Entre temps Lou-Anne est née. Nous avons déménagé en banlieue de Bordeaux et je suis désormais responsable de la communication et du développement touristique d’une communauté de communes de Sud-Gironde. Je participe à une soirée Colibris-Disco soupe où intervient Cyril Dion.

Il nous fait vivre une expérience qui me bouleverse, je repars le cœur gonflé d’amour pour toutes les personnes que j’ai rencontré, pleine d’enthousiasme et d’énergie.

Quelques temps plus tard, à l’occasion d’une journée de Forum ouvert organisée par le mouvement Colibris, l’une des organisatrices propose d’animer un groupe de Communication non-violente. Je suis partagée car jusqu’à présent, les personnes que j’ai rencontrées qui pratiquaient la CNV ne m’ont pas donné envie, je trouvais leur manière de parler artificielle. Mais je suis curieuse, alors j’y vais, pour voir…

Et au bout de quelques mois de rencontres, je fais une révélation : oui, je ne sais pas m’écouter.

J’ai pris l’habitude d’aller aux limites de mon corps pour pouvoir m’arrêter. C’est pour cela que régulièrement je vis des périodes d’épuisement intense, que mon dos se bloque et que je souffre de plus en plus de la mâchoire.

Mon corps m’envoie des messages, que je n’écoute absolument pas. Et il continue à m’envoyer des messages. Toujours plus forts. Jusqu’où ?

LE PREMIER CHOIX EN CONSCIENCE

Je passe un temps fou à rencontrer des dentistes, stomatologues, podologues, posturologues, ostéopathes pour comprendre pourquoi j’ai si mal à la mâchoire, au dos et à la tête, pourquoi je suis si épuisée (Ça devient de plus en plus douloureux et épuisant, je n’en peux plus. Alors que j’ai toujours limité mon usage des médicaments… là j’enchaîne pour limiter la souffrance et ça ne me plaît pas).

En parallèle, je reprends le yoga de manière assidue, je continue mon exploration passionnée de la Communication-non-Violente, j’explore la sophrologie. Et… je me rend compte que ça va mieux.

Ça va mieux lorsque j’écoute mon corps, mes émotions, lorsque je mets de la clarté sur ce qui se passe en moi, lorsque je parle de ce qui m’agace, de ce que je ne trouve pas juste, de ce qui me rend triste… à la maison. Clairement, les crises s’apaisent.

Et lorsque je retourne au travail, je vois à quel point c’est difficile pour moi d’adopter une nouvelle posture, plus juste pour moi.

3ème étape – la jachère

GROUPEMENT D’ACHATS BENEVOLE

Nouveau focus. Je travaille toujours en communauté de communes. En parallèle nous avons monté bénévolement un groupement d’achats dans notre super café associatif, Le petit grain.
Seb, mon compagnon, et moi en sommes les locomotives, lui en lien avec les producteurs locaux (son job), moi sur la gestion de projet (mon job), et notamment la coordination. Le projet m’épanouit complètement !

Mais depuis quelques mois je me sens plus du tout à ma place au travail. La mission qui m’a passionnée à mon arrivée (créer le service communication) vient de laisser place à la routine et l’ambiance se dégrade dans l’équipe.

J’ai l’impression de courir en permanence, de ne pas être assez présente pour Lou-Anne, pour Seb de ne pas avoir de temps pour moi, mais aussi de ne pas avoir assez de temps pour faire ce que j’ai à faire au boulot.

Je vois aussi à quel point c’est difficile pour moi d’être authentique dans mon travail. Pour être honnête, j’ai peur, vraiment peur de dire ce que j’ai à dire. Peur que ça fasse l’effet d’une bombe. Je me sentais en complet décalage.

Et avec le recul, ce décalage était nourri par ce que je vivais au Petit grain, où pour le coup je me sens pleinement à ma place. J’étais déjà en chemin vers autre chose, mais je ne le savais pas.

NOUVELLE GROSSESSE, NOUVEAU PROJET

Quand je dis que j’ai pris plus de 20kg pour ma seconde grossesse… !

A ce moment, nous décidons d’accueillir notre deuxième enfant. Je sais déjà que je serai arrêtée tôt. J’ai tiré mes leçons de ma précédente grossesse.

Je veux me consacrer à vivre pleinement cette nouvelle étape de ma vie, à ralentir, à contribuer au groupement d’achats et… à faire de la place à un nouveau projet. A ce moment là, il s’appelle déjà La petite fourmilière. Il est en duo avec Seb, mon compagnon (qui est déjà entrepreneur depuis 1 an et qui m’inspire beaucoup), et il ressemble aux prémisses d’une coopérative intégrale. ^^

Fin de cette première partie !

>> Lire le deuxième article <<

Lidy

Crédit photo : Céline Violet

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6 commentaires
  • Marie LE ROUGE
    Répondre

    Merci Lidy encore une fois pour ce super article. Il me tarde aussi la suite !
    Et tu es magnifique avec tes rondeurs de femme enceinte !!
    À bientôt, grosses bises

    • Lidy Zulke-Trokhatcheff
      Répondre

      Merci Marie ! La suite demain. 🙂 J’ai aussi envie d’interviewer d’autres acteurs du changement… lorsque ce sera le bon moment, un pas après l’autre ^^ Sacrées rondeurs, oui, je n’aurai jamais cru pouvoir prendre autant de poids ! Il est quand même incroyable ce corps ! <3 A tout bientôt, des bisous

  • Christine Sarrazin
    Répondre

    Merci pour ce partage de ton expérience personnelle et intime, Lidy ! Ton authenticité est porteuse de plein de possibles pour tous ! Je pré-sens à quel point s’écouter, prendre soin de soi, et se sentir en accord avec nos projets professionnels sont les clés de la réussite de la vie !

    • Lidy
      Répondre

      Merci Christine, je suis très touchée par ton retour car l’authenticité est une valeur très importante pour moi. Et qu’il peut m’être inconfortable de partager mes échecs ou des moments intimes douloureux. Et pourtant je suis comme toi convaincue que c’est soutenant pour nous tous. Pour nous permettre d’avancer vers nos idéaux, sans renoncer, malgré les moments difficiles.

  • Ecologirl
    Répondre

    Ah j’ai hâte de lire la suite !!
    Merci pour ce partage Lidy. Moi j’ai eu des prises de conscience plus jeune (avant 25 ans) et je pense que ça m’a bien aidé pour la suite.

    • Lidy
      Répondre

      Merci pour ton retour Camille, ravie que ça te donne envie de lire la suite!
      Raconte-nous, si tu veux bien : comment sont venues tes prises de conscience ?
      Perso, jusqu’à la grossesse de Lou-Anne, je voulais changer le monde, mais j’étais dans une telle énergie « contre » (contre les hommes, contre les riches, contre… ) que c’en était épuisant ! Physiquement !

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