Comment échapper à la suractivité lorsqu’on est passionné et engagé ?

 dans Prendre soin de ses besoins, S'accompagner soi-même

A toi, le/la passionné.e, qui a une insatiable faim de découvertes, l’engagé.e qui voit l’urgence d’agir pour un monde plus respectueux de l’environnement, plus juste.
A toi qui rêve d’avoir un rapport au temps apaisé. Qui rêve de ralentir et qui, dès les premiers signes de pause, prends ton agenda (peut-être même sans t’en rendre compte ^^) pour le remplir. A toi, qui te sens en suractivité (très) régulièrement, mais qui ne sais pas comment en sortir.

Dans cet article, je te partage 3 premiers pas pour commencer à apaiser ton rapport au temps. Rien de magique, juste ce qui a marché pour moi et les personnes que j’ai accompagnées sur ce chemin.  😉

Comment j’en suis arrivée là ?

Ce profil passionnée-engagée, c’est le mien. Depuis des années. Depuis toujours en fait. Et bizarrement, c’est aussi celui de la quasi majorité des personnes avec qui je travaille (loi de l’attraction ?).

Je suis d’accord que c’est épuisant (pour soi et aussi parfois pour les autres) et déconcertant aussi. Ces grands élans qui ont l’énergie d’un tsunami et qui peuvent ensuite laisser place au vide absolu peuvent être vraiment difficiles à vivre. Ça fait quelques années que je me frotte à cette question car ça devenait absolument ingérable pour moi.

Je multipliais les engagements, dans toutes les directions qui m’intéressaient. Sur le moment j’étais ravie, je me sentais vivante à l’idée de participer à ce nouveau projet, ce nouvel évènement…
Mais lorsque j’y étais je culpabilisais de ne pas être ailleurs ! Je me sentais en course permanente, de plus en plus épuisée.

suractivité

Illustration par Liane Langenbach

Step #1 : Allumer la lumière pour y voir plus clair et savoir où tu mets les pieds

Il peut y avoir un décalage entre les sensations corporelles (que ce soit le moment : de l’engouement ou celui de l’épuisement) et ce que le cerveau se dit. Oui, il n’est pas toujours très objectif. Il se fait des films parfois.

Moi, par exemple, j’ai longtemps cru que j’avais vraiment beaucoup moins d’endurance, d’énergie et tout ce que tu veux bien, que “les autres”. J’avais l’impression que tout le monde, autour de moi avait bien plus d’énergie, en faisait tellement plus. Du coup, JE REFUSAIS D’ÉCOUTER LES SIGNAUX ENVOYÉS PAR MON CORPS. Qui, en réponse, se faisaient sentir de plus en plus fort, pour être entendus.
En fait, non, je ne m’arrêtais jamais et j’allais toujours au delà de mes limites.

Le mode “suractif” était devenu le mode par défaut.

Donc #1 objectivons tout ça !

(surtout si ton corps t’envoie des signaux. Ce sont ces messages là qu’il est important d’écouter -et le plus tôt possible- pour vivre pleinement)

Pour le faire, je te recommande VRAIMENT de te bloquer un temps juste pour toi, de prendre un rdv avec toi-même, en le notant dans ton agenda. Et en te promettant de ne le remplacer par rien d’autre. Prends des feutres, crayons… et de grandes feuilles. Maintenant, à toi de :

  • visualiser tes engagements de l’année passée (ou de ces dernières années si ça a plus de sens pour toi) pour objectiver tout ce à quoi tu consacres ton temps. Note bien tout, même les petites choses. Surtout les petites choses. Qui, comme ça, n’ont pas l’air de prendre tant de place mais qui, cumulées… ^^Tu trouveras un exemple dans cet article, dans lequel je te parle du choc que j’ai eu lorsque j’ai fait cet exercice et que j’ai compris d’où venait ma fatigue croissante.

Indique bien toutes les sphères de ta vie, décloisonne, pour avoir une vision globale de ce à quoi tu consacre ton temps, ta vie, en ce moment.

  • noter toutes tes envies du moment sur une autre feuille, tout à quoi tu as envie de contribuer aujourd’hui.
  • clarifier le temps que prennent tous tes engagements actuels et toutes tes envies. Et leur fréquence.
    15mn de yoga chaque jour ? 4h de coordination de projet d’Amap chaque semaine ? 1h de jeux coopératifs ou de balade au grand air avec les enfants ? 1 semaine de chantier participatif par an ?
    Sois vraiment très précis.e sur ce temps. Sincère aussi. L’idée étant de débusquer le temps caché. (non, ça ne prend pas qu’1h par semaine de coordonner une Amap. Oui, même si c’est le soir. Le temps ne s’écoule pas plus lentement le soir. ^^)

Voilà. Maintenant que tu as rendu visible :

  • tout ce que tu fais
  • tout ce que tu voudrais faire, à court terme
  • le temps que cela prend ou prendrai

note comment tu te sens en contemplant ce que tu as écris/dessiné. Etonné.e, peu surpris.e, agacé.e, soulagé.e… ?

Step #2 : Identifier tes priorités du moment

Nos priorités sont en évolution permanente, en fonction de notre contexte de vie. A certains moments de ma vie, ma priorité n°1 était de donner du sens à ma vie, à d’autres moments de me sentir en sécurité (financière notamment). Depuis l’été dernier, ma priorité n°1 est de combler mon besoin de légèreté, un peu mis à mal ces dernières années.

Et toi, si tu devais en définir 1 pour l’année à venir (civile ou scolaire), ce serait laquelle ?

Est-ce que tu sens que certains de tes besoins fondamentaux sont un peu à sec en ce moment ? J’utilise les cartes des besoins fondamentaux de Sophie Grosjean en atelier. Si tu ne les as pas, tu trouveras facilement la liste des besoins de Marshal Rosenberg sur Internet et notamment sur le site de Diane Baran.

Step #3 : Reprendre les commande de ton temps

Maintenant que tu sais quels sont tes principaux besoins à nourrir, offre leur une place dans ta vie, dans ton emploi du temps.

Il y a des milliards de manières de prendre soin d’un même besoin. Pour le besoin de repos par exemple, ce peut-être de se coucher tôt, de faire la grasse mat’, de faire une cure de sommeil d’1 week-end, de faire une sieste de 15mn tous les midi… La clef c’est la créativité. Il m’est souvent arrivée de ne pas nourrir un besoin parce que je bloquais sur une et une seule stratégie pour y répondre. Par exemple, pour nourri un besoin de bien être, de relaxation, je peux attendre que mon compagnon me masse ou décider de pratiquer mon yoga chaque matin, de m’offrir un rituel de soirée tranquille avec bain une fois par mois ou un massage mensuel chez ma praticienne en médecine traditionnelle chinoise préférée.

Maintenant, une seule chose à faire : prendre ton agenda et te bloquer des créneaux pour faire ce qui est prioritaire pour toi..

Quelques exemples de planification, à la journée, à la semaine, au mois, à la saison, à l’année, à ritualiser pour encore plus d’effet et de facilité :

  • 10 mn pour soi, au réveil ou au coucher, à choisir (méditation, yoga, visualisation, écriture…)
  • 1 soir par semaine pour se coucher à 21h, sans écran. Ne pas hésiter à être précis.e pour que ça fonctionne, parce que le “le mardi, je me couche tôt” va être bien moins efficace que « tous les mardis, je suis au lit sans écran à 21h avec un bon bouquin et j’éteins la lumière au plus tard à 21h30 » (très efficace pour les couche-tard régulièrement en manque de sommeil, comme moi)
  • 1 rencontre “entre pairs” mensuelle pour échanger sur ses problématiques, dans un cadre bienveillant. En présentiel ou à distance. Ce peut être pour parler du travail, des missions bénévoles, de parentalité, du couple…
  • 1 stage à chaque saison pour découvrir de nouvelles manières de faire, penser, vivre…
  • 1 bilan annuel pour faire le point sur ma direction.

Est-ce que cet article t’inspire ?
Est-ce que toi aussi tu as parfois l’impression d’être Shiva (sans les super pouvoirs) ?
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4 commentaires
  • Daphne
    Répondre

    Ce mail m’a vraiment parlé et c’est dommageque je ne le découvre que maintenant. Je viens a peine de me rendre compte de ma situation, et je cherchais des idées pour m’en sortir. Mais je suis contente de les avoir trouver seule.
    Ils correspondent globalement a ce que tu dis : se recentrer sur les objectifs vraiment principaux, ceuqmx qui nous tiennent le plus à coeur. Ajouter les autres par mesure, par petite touche dans l’agenda, histoire de ne pas avoir l’impression de perdre des choses, mais en les régulant pour éviter le surmenage.
    Mon cas était également bien lié à un gros stress, unepression par rapport notamment aux diplômes. Mais il faut se rappeler pourquoi on y est, pourquoi on fait cela : l’envie d’apprendre avant tout. Et si ça ne passe pas du premier coup, on a a quand même appris des choses et on avance.
    Se recentrer permet aussi de faire un point sur soi et de voir ce qui est positif en nous. Et cela peut aider à se motiver et garder un cap qui nous semble important.
    Mais il ne faut pas se négliger du temps de repos. C’est le long terme qui compte le plus souvent pour nos actions. Cela ne sert à rien de tirer sur la corde pendant quelques années si on s’épuise et qu’on ne tient pas la longueur ensuite.
    … tout est question d’équilibre !

    • Lidy Zulke-Trokhatcheff
      Répondre

      Je partage , tout est question d’équilibre… et j’ajouterai, de douceur aussi pour soi.

  • NATHALIE CHATELAIN
    Répondre

    Coucou, OUI , encore une fois ton article m’a bien parlé… Je me sens souvent comme une pieuvre… Shiva c’est plus sympa! Hihi..merci pour tes éclairages ! A bientôt, bises, Nathalie.

    • Lidy Zulke-Trokhatcheff
      Répondre

      🙏

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